dimanche 12 septembre 2010

La tribu enfin réunie!

Enfin, nous voilà tous réunis, tous les cinq ensemble, au Québec. Quel bonheur de voir Marthin Alexander si heureux, si épanoui.

Jeudi, pendant toute la journée, Marthin était hyper excité à l'idée de prendre l'avion pour aller au Canada. Faut dire qu'en plus, il a eu droit à un dîner spécial  à la pension pour souligner son anniversaire.  A l'aéroport, il ne tenait carrément plus en place. On aurait dit qu'il avait callé deux expressos!
Les formalités pour sortir du pays se sont bien déroulées. L'agente colombienne qui a étudié nos documents était on-ne-peut-plus-sérieuse. Mais lorsqu'elle a constaté que c'était l'anniversaire de Marthin Alexander le jour même, elle s'est illuminée comme par magie et est devenue tout sourire avec lui. Dans l'avion qui nous menait de Bogota à Toronto, Marthin a eu droit à une visite de la cabine de pilotage. On l'a même coiffé de la casquette du pilote. Vous dire combien il était fier notre petit bonhomme!


L'avion a quitté la Colombie avec près d'une heure de retard. J'angoissais un peu par peur de manquer de temps à Toronto pour les formalités d'immigration, le dédouanement des bagages, etc. Finalement, en réalisant le tout au pas de course, on s'en est assez bien sorti. Marthin Alexander a collaboré à 100 % pendant tout ce temps.
A Toronto, notre avion a tardé à décolller en raison d'un problème de ventilation. Celle-ci  ne fonctionnait pas, il faisait terriblement chaud, et il nous a fallu attendre que le service de maintenance règle le problème. Quand finalement l'avion a pris son envol après une bonne vingtaine de minutes de retard, tout n'était pas joué. Croyez-le ou non, l'avion a dû faire demi-tour et retourner à Toronto en raison d'un problème mécanique.  Alors que nous étions si prêts du but. Nous sommes donc arrivés à Québec environ 2 h 30 plus tard que l'horaire inialement prévu. Mais les retrouvailles en valaient le coût.

 
Marthin s'est jeté dans le bras de son papa en disant ''Mi papa!' Il était  tellement heureux de le retrouver et de revoir ses deux grandes soeurs. Puis de faire la connaissance de ses deux grand-mamans, Louise-Hélène et Pauline, de son grand-papa Robert, de sa tante Michèle, des deux tantes de Guy, Mimi et Huguette, qui étaient tous là pour nous accueillir. Tout le monde a été impressionné de voir à quel point il était à l'aise avec tout le monde et épanoui.

Un papa et un petit garçon heureux de se retrouver
N'est-ce pas qu'ils sont beaux, tous les trois?































On a mangé tous ensemble, histoire de se parler et de célébrer...
Le retour à la maison proprement dit a été tout aussi chargé d'émotions. Marthin Alexander a reconnu notre maison et s'est s'exclamé : ''Es una casa muy grande''. Puis il a fait le tour des pièces, parcourant tour à tour la salle à manger, la cuisine, la chambre, comme s'il y avait déjà mis les pieds. L'exploration s'est poursuivi à l'extérieur avec le trampoline, le jardin et tout le reste.

Marthin s'est tout de suite pris d'affection pour Bella notre Golden Retriever. Il était totalement fasciné par elle,  mais n'a pas tardé à lui montrer qui des deux était le maître.


Quant à moi, j'étais comblée d'être avec les miens et de retrouver ma maison baignée de lumière. Fatiguée, oui, mais j'avais trop à voir pour faire une sieste. Je voulais profiter de chaque instant.

Arrivé il y a 36 heures à peine, Marthin a déjà pris ses aises dans la maison. Il dort bien, rit, parle sans cesse et est trop occupé à tout découvrir pour prendre vraiment le temps de manger. En ce moment, iI s'amuse avec Ana Maria, s'inventant des histoires avec le bateau de pirates Playmobil.  Au loin j'entends une petite voix qui fredonne : La isla del pirata, la isla del pirata...  Il n'y a aucun doute possible : il est heureux.  Et nous aussi. Nous sommes comblés.

mercredi 8 septembre 2010

Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous...

''Manana, vamos a tomar el avion para ir a Canada'', comme le dit si bien Marthin Alexander.  C'est fou comme on peut à la fois être heureux de partir retrouver sa famille et triste de quitter un endroit. Mon deuxième pays en quelque sorte.

Ces derniers jours, j'ai eu le privilège de faire mon dernier tour de piste, mon dernier tour de Bogota. J'ai revisité les endroits que j'aime et qui sont significatifs à mes yeux. Par moment, j'ai eu la gorge nouée. L'émotion monte souvent quand on ne s'y attend pas.

Hier, Marthin Alexander et moi avons passé une bonne partie de la journée à El Centro (centre-ville de Bogota). Nous avons bien sûr fait des achats dans les marchés d'artisans, mais je tenais aussi à retourner sur la place Simon Bolivar et à marcher dans les petites rues escarpées de La Candaleria.

La plaza Simon Bolivar

Comme bien des petits garçons, Marthin Alexander est fasciné par les policiers.
 Il sera choyé dans notre quartier!

La Candelaria















Rue typique de La Candelaria














 En déambulant un peu au hasard des rues, j'ai retrouvé le petit resto mexicain où, cinq ans plus tôt, Ana Maria et moi avions mangé en tête en tête. Moment de grâce en 2005 comme en 2010.
Le petit resto mexicain où, il y a cinq ans, Ana Maria et moi nous étions retrouvées
Mon petit bonhomme m'impressionne vraiment par sa force, sa patience, sa volonté. Hier, nous avons marché, marché, marché : jamais il ne s'est plaint de la fatigue ou de la faim. Aujourd'hui, nous sommes retournés dans El Centro pour rencontrer Isabel, que j'ai connue grâce à Internet et qui m'avait mis en contact avec Sandra, de la Fundacion Oasis à Ciudad Bolivar (voir : Voyage au coeur de l'autre Bogota ). Une rencontre brève (1 heure à peine) mais combien touchante et riche à bien des égards.

Après nous être quittées, Marthin Alexander et moi avons cherché un taxi.  Impossible d'en trouver un qui soit libre! Nous avons dû nous résoudre à prendre un autobus pour revenir jusqu'à Usaquen. L'autobus était hyper bondé. Le trajet, qui normalement aurait dû prendre une trentaine de minutes, en a nécessité 1 h 15! La congestion à son comble. Pas une fois, pas une seconde, Marthin Alexander n'a pleurniché. Il chantonnait de sa petite voix et jouait avec sa petite auto sur le dossier du siège avant, sans rechigner. Quand il nous a fallu descendre de l'autobus, ce fut toute une prouesse de nous faufiler à travers les gens cordées comme des sardines, tenant Marthin d'une main, le parapluie de l'autre, surveillant mon sac à mains. Pas reposant comme trajet, mais tellement vrai.

La meilleure façon d'atténuer la tristesse de partir, c'est de me dire qu'un jour, je reviendrai.